« Deux jours à tuer » de Jean Becker avec A. Dupontel.

L’histoire : Antoine Méliot, la quarantaine, a tout pour être heureux : une belle épouse, deux enfants adorables, des amis sur lesquels il peut compter à tout instant, une jolie demeure dans les Yvelines et de l’argent. Mais un jour, il décide de tout saboter en un week-end : son bonheur, sa famille, ses amis. Que s’est-il passé chez cet homme pour qu’il change si étrangement et si brutalement de comportement ? Veut-il en finir avec l’hypocrisie d’une vie trop normale et prévisible ?

 

                 Deux jours à tuer

 

Mon avis: Il faut l’admettre : le film tient en haleine et ne peut laisser insensible. Le spectateur est comme happé par cette histoire qui le fait passer par des émotions diverses, fortes et étrangement contradictoires. Le personnage principal, fort bien interprété par un Dupontel qui ne cesse de confirmer qu’il est l’un des plus grands acteurs de sa génération, dérange, agace, fascine puis en vient à bouleverser lorsqu’est révélée, in fine, la raison d’être de son comportement.

Certes, on pourrait reprocher à Becker de nous manipuler, de nous faire croire à une audace, à une folie, à une insolente liberté qui se révèlent en fin de compte une imposture de cinéaste.  Certes on peut regretter une fin qui explique, qui justifie, qui rationalise. En effet, pourquoi nous faire ainsi croire en des motivations en vérité mensongères ? Pourquoi ne pas avoir osé faire du protagoniste un authentique anti-héros, un homme effrayant car étranger aux codes de la bienséance sociale et familiale ? Et pourquoi ne pas être allé jusqu’au bout de la logique qui semble d’abord être celle de cet homme singulier ? Une logique étourdissante, vertigineuse, à la fois insupportable et respectable.

Certes encore le film n’est pas pleinement abouti. Le personnage du père n’a par exemple pas une vraie raison d’être. Il ne sert pas l’intrigue pas plus qu’il n’enrichit le propos ni la portée de l’oeuvre. Mais Deux jours à tuer n’en demeure pas moins un film français de qualité, efficace, troublant, émouvant ; un long métrage plutôt bien construit et surtout fort bien servi par d’excellents interprètes. Après reste à savoir si le dénouement, très « politiquement » correct, voire pathétique et psychologisant, ne détruit pas, à postériori, la portée de la violence bien sûr dérangeante mais ô combien fascinante qui le précédait et qui semblait donner sens à l’oeuvre..

Note :  ++

 


Un commentaire

  1. dasola dit :

    Bonjour, j’ai retenu du film l’interprétation de Dupontel, les paysages d’Irlande et la chanson du générique de fin (Le temps qui reste par Reggiani). Il a fallu que j’attende la fin pour comprendre ce qui arrive au héros (je n’avais pas deviné). Bonne soirée.

Répondre

cornillonchristophe |
Les Livres de Loïc ! |
UN PEU DE POESIE |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Les maux du coeur
| Mes mots...
| leidgens