Note de lecture : « La Joueuse d’échecs » de Bertina Henrichs, le livre de poche.

   Eleni vit sur son île natale, Naxos, auprès de son mari garagiste Panis et de ses deux enfants, Dimitri et Yannis. Chaque jour, elle se rend à l’hôtel Dionysos où elle travaille depuis plusieurs années déjà comme domestique. Sa vie va ainsi, sans surprise, rythmée par son labeur, ses tâches ménagères et ses marches quotidiennes sous le soleil éclatant de Grèce.

   Mais un matin, alors qu’elle est en train de faire le ménage dans la chambre d’un couple de touristes français, Eleni bouscule par mégarde un échiquier et en renverse l’une des pièces. Elle veut alors réparer sa maladresse. Mais comment faire ? Et où replacer la pièce ? Où se trouvait-elle donc sur ce plateau abandonné par ses propriétaires en pleine partie ?

   Ce petit incident va en fait bouleverser la vie d’Eleni. En effet, encouragée et aidée par son ancien professeur Kouros, celle-ci décide d’acheter un échiquier et se lance, en cachette, dans l’apprentissage long et difficile des règles de ce jeu envoûtant. Alors, petit à petit, la découverte des échecs se fait découverte d’autres horizons, d’une autre vie, la vraie vie, mais aussi découverte de la liberté et découverte de soi.

 Dans ce livre très réussi, Bertina Henrichs raconte avec tact et finesse l’initiation d’une femme, son émancipation, son éveil au monde. Elle décrit également avec drôlerie et émotion une amitié pudique qui va unir contre toute attente deux personnages si différents et pourtant si complémentaires. Enfin, l’auteur réussit à peindre avec un grand talent les couleurs, les senteurs, les bruits et les paysages d’une Grèce authentique, à la fois sensuelle et aride.

 Vous l’aurez compris : ce premier roman, subtil et touchant, écrit avec justesse et sensibilité, est un vrai bijou qui mérite amplement les nombreux prix qui l’ont récompensé.

Un beau livre, à découvrir, sans plus attendre ! Rire

                                                           Note de lecture :

 Extrait :

   Ainsi, l’après-midi suivant, elle chercha une cachette sûre pour son échiquier. Le plateau aimanté permettait de laisser en place les pièces d’une partie en cours. Elle remercia intérieurement son vieux professeur de lui avoir déniché ce modèle. Elle hésita longtemps. Le choix était limité. Elle ne voyait pas où elle aurait pu garder des objets à l’insu de tout le monde. Jamais elle n’avait éprouvé la nécessité de posséder ne serait-ce qu’un meuble personnel. Mais maintenant cette situation s’avérait ennuyeuse. Elle ne pouvait tout de même pas descendre à la cave chaque fois qu’elle entendrait quelqu’un rentrer. Non, il fallait que ce soit un endroit accessible et privé en même temps. Au bout de deux heures de réflexion et d’intense inspection des lieux, elle trouva une idée assez ingénieuse. Elle allait dissimuler le damier dans le congélateur. Aucun autre membre de la famille n’ouvrait ce coffre à glace. Elle amènagerait une surface plane à l’intérieur sur laquelle elle pourrait poser son échiquier en l’espace de quelques secondes. Très contente de sa trouvaille, elle espérait seulement que le grand froid ne nuirait pas aux piles qui alimentaient sa machine » (41-42).

Note : + + +

 

 

 


Un commentaire

  1. Dornbusch Philippe dit :

    Bravo Franck pour votre article sur La joueuse d’échecs

    Je vous signale au passage la sortie prochaine du film « Joueuse » inspiré du roman en question

    http://phildornbusch.blogspot.com/search?q=bonnaire

    cordialement
    Philippe

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